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Pierre Morel
Jusqu'au bout du mythique
Tour de France !
Le respect des autres, la volonté,
la passion, l'esprit sportif sont autant de qualités
qui ont permis à Pierre Morel de participer au Tour
de France : une étape dans sa vie.
"Par la force des choses, je me suis
intéressé au vélo, c'était lors
de la débâcle", explique Pierre Morel. et
son premier vélo, il s'en souvient : "à
l'époque, les gens fuyaient les troupes allemandes
et abandonnaient parfois bien des choses. Moi j'ai hérité
d'un vélo qui était là".
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Tour
de France 1960
Pierre morel au départ
de l'étape Besançon -Troyes.
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À tout juste 9 ans, Pierre n'était
pas assez grand pour enfourcher la fameuse bicyclette. "Pour
monter sur ce vélo, je passais la jambe entre le cadre"
se remémore t-il en riant. Après l'obtention
de son certificat d'étude, il a été reçu
premier du canton, il fait tous les trajets à vélo
quand il fréquente les cours Pigier à Lons.
Et il est embauché à la Poste. "J'avais
15 ans, j'étais porteur de télégrammes.
Imaginez, je partais de Pannessières à 6 heures
du matin, j'arrivais à la Poste, et toute la journée,
j'allais avec le vélo porter les télégrammes.
À l'époque, il n'y avait pas de téléphone
comme maintenant." Pierre, on l'écouterait des
heures raconter ses fameuses anecdotes.
Un
pari
Un beau jour, ses copains de la Poste lui lancent un pari
: celui de participer à la sélection pour le
championnat de France. Pierre Morel n'hésite pas une
seconde. Il s'inscrit avec son ami Laurent Smaniotto et arrivent
premier ex-aequo. En juillet
1947, au moment de la canicule, Pierre Morel participe au
championnat de France... avec son vélo de facteur
et se remémore avec les yeux encore brillant de passion
: "Pneus demi-ballon et tout le bazar. Aujourd'hui, ça
peut paraître fou".
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| Pierre
Morel en 1962 |
Et il se met à gagner de nombreuses
courses en s'entraînant dur : "Avec mon copain
Smaniotto, nous aimions ça. Nous allions rouler ensemble.
Nous passions devant les fontaines et nous tournions la tête
pour ne pas s'arrêter... pour nous endurcir". Pierre
Morel fait partie du Vélo-Club lédonnien. L'amateur
prend le risque de quitter son emploi à la Poste pour
vivre des courses cyclistes. Il fait la connaissance d'Adolphe
Deledda : "Je me suis entraîné avec lui,
j'ai écouté ses conseils alors que beaucoup
de jeunes n'écoutaient rien du tout. Il m'a pris en
amitié. Nous avions beaucoup de respect l'un pour l'autre.
Jamais il ne s'imposait comme professeur" se souvient-il.
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Une
extraordinaire aventure
Pierre Morel se
souvient : "Le Tour de France, c'est
une aventure extraordinaire parfaitement
organisée. C'est une épreuve
difficile, moralement et physiquement. Dans
un peloton, ça roule, le danger est
permanent, il faut être très
adroit, à l'écoute du moindre
bruit. Il faut avoir un bon estomac, une
bonne santé. Les gros muscles ne
servent à rien. On vit sur le vélo,
et ça c'est pas facile. Il faut en
vouloir. Il n'y a pas d'étape sans
se faire mal, pas d'étapes sans envier
les gens à l'ombre installés
avec leur pique-nique, mangeant de bonnes
choses, mais ces gens au bord de la route
ils vous encouragent et ça c'est
extraordinaire, c'est merveilleux".
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Bien des
coups de pédales plus loin, en 1960, Pierre est sélectionné
pour le Tour de France, Deledda est passé par
là. "Le dimanche, j'avais couru le Grand Prix
de Voiteur en amateur. Le samedi suivant, j'étais devenu
professionnel et j'étais au départ du Tour de
France à Lille" évoque Pierre Morel très
ému.
Une nouvelle aventure commence, une aventure
qu'il livrera au Carrefour le la communication le 20 juillet
à 20h30, dans une conférence intitulée
"Souvenirs d'un coureur
du Tour". Ajoutons simplement qu'il entrera au
Parc des princes, une arrivée mythique, avec Dariguade.
Il en rit encore, et si vous rencontrez Pierre Morel, demandez-lui
pourquoi !
Nicole Guignard
Le
Progrès du 18 juillet 2004
Liens
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