| |
|
|

M. René
Vincent
(1899 – 2002)
René
Vincent a géré les affaires de la commune, en
tant qu’élu durant quarante ans. Mais
pour beaucoup d’habitants de ma génération
il a incarné la sagesse, l’intelligence et l’amabilité.
Monsieur Vincent est né le 13
août 1899 au Moulin des Prés, entre Vaux et Macornay
. Ses parents étaient meuniers. Il a vécu 103
ans dans son village, choyé par ses enfants et petits
enfants. Il est décédé le 21 avril 2002.
En 1926,
il a été élu le plus jeune maire de France,
il le sera encore de 1962 à 1977. Le jour de
ses obsèques, le maire de l’époque Jean
Daloz lui adressera un éloge émouvant : «
Assuré de bon sens, pétri de sagesse, respirant
la modestie, guidé par la tolérance et le respect,
Monsieur Vincent était aimé, respecté,
il inspirait la confiance de ses concitoyens. » Ces
qualités nommées par l’un de ses successeurs
expliquent bien pourquoi Monsieur Vincent a assuré
si longtemps la charge de premier magistrat de ce village
qui, s’est beaucoup transformé au cours de ses
mandats. Macornay a commencé sa mutation, perdant son
caractère rural pour devenir peu à peu ce qu’il
est aujourd’hui.
Monsieur Vincent était connu bien
au-delà du village parce qu’il exerçait
la profession de vétérinaire. Les Anciens se
souviennent de ses déplacements en traction ou en 2
chevaux dans les fermes de Moiron, Bornay, Arthenas, Essia
et plus loin encore. Sa fille Colette disait à son
propos : «Mon père n’était pas un
homme d’argent, il lui arrivait de demander seulement
une douzaine d’œufs en échange de ses services.»
Temps bien révolu ! C’était le vrai vétérinaire
de campagne, mais il soignait particulièrement bien
les chiens. Je me souviens des files d’attente devant
sa maison, les gens de la ville venaient lui montrer leur
animal. Sa réputation s’étendait fort
loin.
 |
|
| M. Vincent
et son épouse, Gabrielle |
|
|
Monsieur Vincent a gardé toute
sa vie une passion pour la nature. Ainsi il a entretenu
sa vigne au bord de la route de Vaux le plus longtemps
possible ; Il aimait s’y promener et observer les
arbres. Il connaissait chaque sentier du Bois de Vaux
ou de la côte de Géruge. Il a pratiqué
longtemps la chasse avec des amis fidèles. Car
la fidélité était aussi l’une
de ses grandes qualités. Avec Gabrielle, son épouse,
ils s’approchaient de 75 ans de mariage ! |
| |
|
| En évoquant
sa mémoire, me reviennent des souvenirs personnels,
car j’ai eu la chance d’avoir comme voisin
un si grand Monsieur qui gardait une si grande simplicité,
il restait accessible, discret, serviable, à 60
ans il pouvait traduire une version latine, véhiculer
quelqu’un à Lons, soigner une plaie , donner
un conseil, et toujours saluer chaleureusement les petits
comme les grands. |
 |
|
Octobre 1989
: M. Vincent est décoré
de la médaille d'honneur des maires,
plus haute distinction municipale |
|
|
Cet homme de conviction nous a donné
une dernière leçon de civisme le 21 avril 2002,
jour de sa mort. De son lit d’hôpital à
Lons le Saunier, il a exercé son droit de vote avant
de nous quitter discrètement. Son nom restera toujours
attaché à l’histoire de Macornay, il aura
marqué de toute son empreinte d’humaniste pendant
des décennies ce village qui nous est cher.
Guy Pommier
|
|
|
|
|