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Portraits

Narcisse-Théophile Patouillard

René Vincent

Pierre Morel

Le fromager du village

 

Narcisse-Théophile Patouillard

 

Mycologue (1854 – 1926)

 

Né le 2 juillet 1854 à Macornay, Narcisse-Théophile Patouillard est attiré très jeune par la botanique . Il poursuit jusqu’à l’âge de 15 ans ses études au lycée de Lons-le-Saunier. Il entre dans les postes comme télégraphiste, et poursuit à Paris des études de pharmacie. Il entre alors en relation avec le laboratoire des hautes études, trouvant là l’occasion de se frotter aux plus hautes sommités scientifiques de son temps. Il obtient son diplôme de pharmacien en 1879, se marie et s’établit à Poligny.

 

 

 

Inocybe de patouillard

(Inocybe patouillardii)

 

 

Un an plus tard, il retourne vivre à Paris pour pouvoir satisfaire son goût de la recherche dans la science botanique. Il voue sa vie à la connaissance des champignons, les répertorie, les dessine (plus de 3000 aquarelles de sa main sont conservées actuellement par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris). Son herbier a été acquis par l’université de Harvard.

 

 

Narcisse Patouillard est décédé en 1926 et c’est en 1976 à l’occasion du cinquantenaire de sa mort que la communauté scientifique lui a rendu un bel hommage en apposant une plaque sur sa maison natale et en baptisant de son nom plusieurs champignons dont le plus connu est "l’innocybe de Patouillard".

 

A quelques mètres de sa maison natale, une petite place porte désormais son nom…

 

Chapeau conique, mamelonné souvent fendu avec le temps, couleur ivoire.

Pied blanc tacheté de rouge.

Chair blanche immuable, saveur douce, faible, puis devenant forte avec le temps.

Lamelles rosées, devenant crème puis brunes, rougissant au toucher.

Pousse dans les bois de hêtres, sur les sols calcaires, à la fin du printemps et en été.


 

 

René Vincent

 

M. René Vincent (1899 – 2002)

40 ans au service de Macornay

 

René Vincent a géré les affaires de la commune, en tant qu’élu durant quarante ans. Mais pour beaucoup d’habitants de ma génération il a incarné la sagesse, l’intelligence et l’amabilité.

 

Monsieur Vincent est né le 13 août 1899 au Moulin des Prés, entre Vaux et Macornay . Ses parents étaient meuniers. Il a vécu 103 ans dans son village, choyé par ses enfants et petits enfants. Il est décédé le 21 avril 2002.

 

En 1926, il a été élu le plus jeune maire de France, il le sera encore de 1962 à 1977. Le jour de ses obsèques, le maire de l’époque Jean Daloz lui adressera un éloge émouvant : « Assuré de bon sens, pétri de sagesse, respirant la modestie, guidé par la tolérance et le respect, Monsieur Vincent était aimé, respecté, il inspirait la confiance de ses concitoyens. » Ces qualités nommées par l’un de ses successeurs expliquent bien pourquoi Monsieur Vincent a assuré si longtemps la charge de premier magistrat de ce village qui, s’est beaucoup transformé au cours de ses mandats. Macornay a commencé sa mutation, perdant son caractère rural pour devenir peu à peu ce qu’il est aujourd’hui.

 

M. Vincent et son épouse, GabrielleMonsieur Vincent était connu bien au-delà du village parce qu’il exerçait la profession de vétérinaire. Les Anciens se souviennent de ses déplacements en traction ou en 2 chevaux dans les fermes de Moiron, Bornay, Arthenas, Essia et plus loin encore. Sa fille Colette disait à son propos : «Mon père n’était pas un homme d’argent, il lui arrivait de demander seulement une douzaine d’œufs en échange de ses services.» Temps bien révolu ! C’était le vrai vétérinaire de campagne, mais il soignait particulièrement bien les chiens. Je me souviens des files d’attente devant sa maison, les gens de la ville venaient lui montrer leur animal. Sa réputation s’étendait fort loin.

 

Monsieur Vincent a gardé toute sa vie une passion pour la nature. Ainsi il a entretenu sa vigne au bord de la route de Vaux le plus longtemps possible ; Il aimait s’y promener et observer les arbres. Il connaissait chaque sentier du Bois de Vaux ou de la côte de Géruge. Il a pratiqué longtemps la chasse avec des amis fidèles. Car la fidélité était aussi l’une de ses grandes qualités. Avec Gabrielle, son épouse, ils s’approchaient de 75 ans de mariage !

 

Octobre 1989 : M. Vincent est décoré de la médaille d'honneur des maires, plus haute distinction municipaleEn évoquant sa mémoire, me reviennent des souvenirs personnels, car j’ai eu la chance d’avoir comme voisin un si grand Monsieur qui gardait une si grande simplicité, il restait accessible, discret, serviable, à 60 ans il pouvait traduire une version latine, véhiculer quelqu’un à Lons, soigner une plaie, donner un conseil, et toujours saluer chaleureusement les petits comme les grands.

 

Cet homme de conviction nous a donné une dernière leçon de civisme le 21 avril 2002, jour de sa mort. De son lit d’hôpital à Lons le Saunier, il a exercé son droit de vote avant de nous quitter discrètement. Son nom restera toujours attaché à l’histoire de Macornay, il aura marqué de toute son empreinte d’humaniste pendant des décennies ce village qui nous est cher.

 

Guy Pommier

 

 

Pierre Morel

 

Pierre MorelJusqu'au bout du mythique Tour de France !

(1930-2011)

 

Le respect des autres, la volonté, la passion, l'esprit sportif sont autant de qualités qui ont permis à Pierre Morel de participer au Tour de France : une étape dans sa vie.

 

"Par la force des choses, je me suis intéressé au vélo, c'était lors de la débâcle", explique Pierre Morel. et son premier vélo, il s'en souvient : "à l'époque, les gens fuyaient les troupes allemandes et abandonnaient parfois bien des choses. Moi j'ai hérité d'un vélo qui était là".

 

Tour de France 1960 Pierre morel au départ de l'étape Besançon -TroyesÀ tout juste 9 ans, Pierre n'était pas assez grand pour enfourcher la fameuse bicyclette. "Pour monter sur ce vélo, je passais la jambe entre le cadre" se remémore t-il en riant. Après l'obtention de son certificat d'étude, il a été reçu premier du canton, il fait tous les trajets à vélo quand il fréquente les cours Pigier à Lons. Et il est embauché à la Poste. "J'avais 15 ans, j'étais porteur de télégrammes. Imaginez, je partais de Pannessières à 6 heures du matin, j'arrivais à la Poste, et toute la journée, j'allais avec le vélo porter les télégrammes. À l'époque, il n'y avait pas de téléphone comme maintenant." Pierre, on l'écouterait des heures raconter ses fameuses anecdotes.

 

 

 

 

Un pari

Un beau jour, ses copains de la Poste lui lancent un pari : celui de participer à la sélection pour le championnat de France. Pierre Morel n'hésite pas une seconde. Il s'inscrit avec son ami Laurent Smaniotto et arrivent premier ex-aequo. En juillet 1947, au moment de la canicule, Pierre Morel participe au championnat de France... avec son vélo de facteur et se remémore avec les yeux encore brillant de passion : "Pneus demi-ballon et tout le bazar. Aujourd'hui, ça peut paraître fou".

 

Pierre Morel en 1962Et il se met à gagner de nombreuses courses en s'entraînant dur : "Avec mon copain Smaniotto, nous aimions ça. Nous allions rouler ensemble. Nous passions devant les fontaines et nous tournions la tête pour ne pas s'arrêter... pour nous endurcir". Pierre Morel fait partie du Vélo-Club lédonnien. L'amateur prend le risque de quitter son emploi à la Poste pour vivre des courses cyclistes. Il fait la connaissance d'Adolphe Deledda : "Je me suis entraîné avec lui, j'ai écouté ses conseils alors que beaucoup de jeunes n'écoutaient rien du tout. Il m'a pris en amitié. Nous avions beaucoup de respect l'un pour l'autre. Jamais il ne s'imposait comme professeur" se souvient-il.

 

Une extraordinaire aventure

Pierre Morel se souvient : "Le Tour de France, c'est une aventure extraordinaire parfaitement organisée. C'est une épreuve difficile, moralement et physiquement. Dans un peloton, ça roule, le danger est permanent, il faut être très adroit, à l'écoute du moindre bruit. Il faut avoir un bon estomac, une bonne santé. Les gros muscles ne servent à rien. On vit sur le vélo, et ça c'est pas facile. Il faut en vouloir. Il n'y a pas d'étape sans se faire mal, pas d'étapes sans envier les gens à l'ombre installés avec leur pique-nique, mangeant de bonnes choses, mais ces gens au bord de la route ils vous encouragent et ça c'est extraordinaire, c'est merveilleux".

 

Bien des coups de pédales plus loin, en 1960, Pierre est sélectionné pour le Tour de France, Deledda est passé par là. "Le dimanche, j'avais couru le Grand Prix de Voiteur en amateur. Le samedi suivant, j'étais devenu professionnel et j'étais au départ du Tour de France à Lille" évoque Pierre Morel très ému.

 

Une nouvelle aventure commence, une aventure qu'il livrera au Carrefour le la communication le 20 juillet à 20h30, dans une conférence intitulée "Souvenirs d'un coureur du Tour". Ajoutons simplement qu'il entrera au Parc des princes, une arrivée mythique, avec Dariguade.

 

Nicole Guignard

Le Progrès du 18 juillet 2004

 

 

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Le fromager du village

 

L'ancienne fromagerie Jusqu’au début des années 60, une fromagerie a fonctionné à Macornay. Cette fromagerie fabriquait des meules de comté, avec le lait apporté matin et soir par les sociétaires de la coopérative laitière. Son fonctionnement a cessé puisque le nombre de paysans élevant des vaches laitières a considérablement diminué, ce qui fait qu’il n’y eut plus assez de lait pour fabriquer le comté. Ici comme dans beaucoup d’autres villages du Jura, cette activité a cessé.

 

Mais revenons sur le fromager, salarié de la coopérative. On l’appelait aussi le laitier ; parce qu’il traitait le lait. Certains l’appelaient aussi le fruitier ! Parce qu’il travaillait à la fruitière !

 

Pour faire une meule de gruyère, il fallait 500 litres de lait. C’est pourquoi le lait de plusieurs paysans était nécessaire, d’où l’utilité de s’unir pour obtenir le fruit de son travail. Ainsi s’explique l’appellation fruitière.

 

La fromagerie, construite dans les années 1878 1880, était située à la sortie du village sur la route de Bornay, dernière vieille maison à gauche, en face de la maison Vincent Morel. Devant la fromagerie, le vieux platane porte encore tous les secrets de rencontres, laissés par les jeunes et moins jeunes qui venaient à la coulée, soit pour apporter leur lait à la pesée sur le vieux pèse-lait soit pour acheter le lait au bidon en vue de la consommation familiale. On pouvait y acheter aussi le beurre fabriqué sur place à la baratte ou du comté.

 

Intérieur d'une fromagerie vers 1910Dans la salle trônait au centre le chaudron de cuivre,sous lequel étaient déposés fagots et bois qui permettaient de chauffer le lait à 55 degrés, ensuite celui-ci était brassé à la main. Le lait de la coulée de la veille au soir avait reposé dans des rondots, dans la chambre à lait.

 

A gauche dans la fromagerie, se trouvait une table sur laquelle étaient disposés les moules. Le ramassage du caillé dans la cuve était délicat. Le fromager le faisait avec une grande toile en lin. Etendu sur la cuve, il tenait un côté de la toile entre les dents, l’autre côté de la toile est enroulé autour d’une règle en fer.

 

En fin de matinée, les enfants de tout Macornay venaient chercher la rognure. Le fromager enlevait le bord de la meule qui avait été fabriquée la veille et le distribuait généreusement..

 

Le fromager allait matin et soir chercher le lait à Vaux avec sa 203 camionette au petit chalet, situé de l’autre coté du pont sur le Savignard. Dans les années 50, il n’y avait pas de grosse exploitation, certains apportaient le lait à dos d’homme dans une bouille, d’autres mêmes dans un seau. La plupart des paysans avaient une activité annexe : vignes ou travail à l’usine à Lons Chaque éleveur possédait un carnet sur lequel le laitier indiquait le poids du lait apporté.

 

L'ancienne fromagerie : un lieu d'échanges et de rencontres Il faut revenir sur ce lieu d’échanges qu’était la fromagerie. On y apprenait les nouvelles du village, bonnes ou mauvaises. On pouvait même se donner un rendez-vous amoureux. !

 

Un jour la fromagerie a fermé. Le bâtiment communal a été loué. Le dernier fromager est parti dans un autre monde, il y a quelques années. C’était mon père.

 

Guy Pommier

 

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