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| L'ancienne
fromagerie |

Le fromager du village
Jusqu’au
début des années 60, une fromagerie a fonctionné
à Macornay. Cette fromagerie fabriquait des
meules de comté, avec le lait apporté matin
et soir par les sociétaires de la coopérative
laitière. Son fonctionnement a cessé puisque
le nombre de paysans élevant des vaches laitières
a considérablement diminué, ce qui fait qu’il
n’y eut plus assez de lait pour fabriquer le comté.
Ici comme dans beaucoup d’autres villages du Jura, cette
activité a cessé.
Mais revenons sur le fromager, salarié
de la coopérative. On l’appelait aussi le laitier
; parce qu’il traitait le lait. Certains l’appelaient
aussi le fruitier ! Parce qu’il travaillait à
la fruitière !
Pour faire une meule de gruyère,
il fallait 500 litres de lait. C’est pourquoi le lait
de plusieurs paysans était nécessaire, d’où
l’utilité de s’unir pour obtenir le fruit
de son travail. Ainsi s’explique l’appellation
fruitière.
La fromagerie,
construite dans les années 1878 1880, était
située à la sortie du village sur la route de
Bornay, dernière vieille maison à gauche,
en face de la maison Vincent Morel. Devant la fromagerie,
le vieux platane porte encore tous les secrets de rencontres,
laissés par les jeunes et moins jeunes qui venaient
à la coulée, soit pour apporter leur lait à
la pesée sur le vieux pèse-lait soit pour acheter
le lait au bidon en vue de la consommation familiale. On pouvait
y acheter aussi le beurre fabriqué sur place à
la baratte ou du comté.
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| Intérieur
d'une fromagerie vers 1910 |
Dans la salle trônait au centre
le chaudron de cuivre,sous lequel étaient déposés
fagots et bois qui permettaient de chauffer le lait à
55 degrés, ensuite celui-ci était brassé
à la main. Le lait de la coulée de la veille
au soir avait reposé dans des rondots, dans la chambre
à lait.
A gauche dans la fromagerie, se trouvait
une table sur laquelle étaient disposés les
moules. Le ramassage du caillé dans la cuve était
délicat. Le fromager le faisait avec une grande toile
en lin. Etendu sur la cuve, il tenait un côté
de la toile entre les dents, l’autre côté
de la toile est enroulé autour d’une règle
en fer.
En fin de matinée, les enfants
de tout Macornay venaient chercher la rognure. Le fromager
enlevait le bord de la meule qui avait été fabriquée
la veille et le distribuait généreusement..
Le fromager allait matin et soir chercher
le lait à Vaux avec sa 203 camionette au petit chalet,
situé de l’autre coté du pont sur le Savignard.
Dans les années 50, il n’y avait pas de grosse
exploitation, certains apportaient le lait à dos d’homme
dans une bouille, d’autres mêmes dans un seau.
La plupart des paysans avaient une activité annexe
: vignes ou travail à l’usine à Lons Chaque
éleveur possédait un carnet sur lequel le laitier
indiquait le poids du lait apporté.
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L'ancienne fromagerie :
un lieu d'échanges et de rencontres |
Il faut revenir sur ce lieu d’échanges
qu’était la fromagerie. On y apprenait les nouvelles
du village, bonnes ou mauvaises. On pouvait même se
donner un rendez-vous amoureux. !
Un jour la
fromagerie a fermé. Le bâtiment communal
a été loué. Le dernier fromager est parti
dans un autre monde, il y a quelques années. C’était
mon père.
Guy Pommier
Liens
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